Publié le Laisser un commentaire

Et si finalement le bonheur était déjà chez moi ?

Le piège du « toujours plus » : Et si le bonheur était déjà dans votre salon ? Au fait, mais c’est quoi le bonheur ?

« Je serai heureux quand j’aurai cette promotion. »
Ou « Je serai heureuse quand nous aurons une plus grande maison. »
Et pour certains, « Je serai heureux quand j’aurai le dernier smartphone. »
« Quand…, alors… »

Cette petite phrase est peut-être la plus grande illusion de notre époque.

Le bonheur : une grande propriété ?

Nous vivons nos vies comme une course effrénée vers un « plus » perpétuel, persuadés que le bonheur est une destination, une récompense qui nous attend de l’autre côté d’une acquisition, d’un succès ou d’un changement.

Nous plaçons la ligne d’arrivée toujours un peu plus loin, et nous nous épuisons à courir, sans jamais vraiment savourer le chemin.

Face à cette quête sans fin, une sagesse simple, presque provocante, nous tend les bras :

« Le bonheur ne se trouve pas en ayant plus, mais en appréciant ce que l’on a déjà. »

Source : Il s’agit d’une synthèse moderne du concept bouddhiste de contentement (santuṭṭhi) et de l’abandon du désir (taṇhā), qui est la cause de la souffrance.

Loin d’être une invitation à la paresse ou à la résignation, cette phrase est une véritable clé de libération.

Elle ne nous demande pas d’arrêter de désirer, mais de changer la source de notre contentement.

La mécanique implacable du « plus » : l’adaptation hédonique

Pourquoi la recherche du « plus » est-elle un piège ? La psychologie a un nom pour cela : l’adaptation hédonique.

Le concept est simple : l’être humain s’habitue incroyablement vite aux choses positives.

Vous obtenez cette augmentation que vous convoitiez tant ? Après l’euphorie des premiers jours, ce nouveau salaire devient votre nouvelle norme.

Surconsommation et bonheur

Vous achetez la voiture de vos rêves ? Après quelques mois, elle n’est plus qu’un moyen de transport. Le frisson s’estompe.

Le « plus » ne fait que déplacer notre point de référence. Nous ne sommes pas plus heureux, nous avons simplement besoin de plus pour ressentir la même excitation. C’est un tapis roulant : on court de plus en plus vite juste pour rester sur place.

Dans notre monde moderne, ce tapis roulant est alimenté par deux puissants moteurs :

  1. La publicité, qui excelle dans l’art de créer des besoins que nous n’avions pas.
  2. Les réseaux sociaux, qui sont un catalogue infini de ce que nous n’avons pas : les vacances des autres, le succès des autres, le corps des autres.

Le résultat ? Un sentiment diffus mais constant de manque.

Les vacances, le bonheur des autres

L’art de l’appréciation : Transformer le plomb en or

Si la quête du « plus » est un mirage, où se trouve l’oasis ?

Elle est déjà là, sous nos pieds. L’appréciation est la capacité de voir la richesse dans ce qui est déjà présent. Ce n’est pas un sentiment passif ; c’est une pratique active, un muscle mental que l’on peut entraîner.

Comment ?

1. Pratiquer l’inventaire de la gratitude.

Lister son bonheur


C’est l’exercice le plus simple et le plus puissant. Chaque jour, prenez trois minutes pour lister (mentalement ou dans un carnet) 3 à 5 choses, même infimes, pour lesquelles vous êtes reconnaissant.

  • Au lieu de penser au café que vous n’avez pas encore eu, savourez la chaleur de l’eau chaude sur votre peau sous la douche.
  • Au lieu de vous plaindre du travail qui vous attend, appréciez le fait d’avoir un toit sur la tête et un lit confortable.
  • Au lieu de scroller sur votre téléphone, prenez conscience du silence du matin, du chant d’un oiseau, du goût de votre première gorgée de boisson chaude.
    Cet exercice recâble littéralement votre cerveau pour qu’il scanne le positif plutôt que le manque.

2. Redécouvrir la magie de l’ordinaire.


Nous tenons pour acquis des miracles quotidiens. Avoir de l’eau potable en tournant un robinet. Avoir accès à toute la connaissance du monde dans notre poche. Pouvoir parler à un être cher à l’autre bout du monde instantanément.

Prenez un objet ou une situation du quotidien et décomposez-la. Pensez à tout ce qu’il a fallu pour que ce simple t-shirt en coton arrive jusqu’à vous.

Cette prise de conscience de la complexité et de la chance inhérentes à notre quotidien est une source immense de contentement.

3. Utiliser la comparaison comme un contre-poison.


Quand vous sentez monter l’envie en voyant la vie d’un autre, utilisez-la comme un signal.

Au lieu de vous laisser sombrer, posez-vous cette question : « Et moi, qu’est-ce que j’ai maintenant que d’autres personnes, ou même mon ‘moi’ du passé, désireraient ardemment ? »

Peut-être une bonne santé, une relation aimante, une sécurité relative, une compétence que vous avez acquise. Cela ne diminue pas les autres, mais vous ramène à votre propre richesse.

Ce que cela ne veut PAS dire

Apprécier ce que l’on a ne signifie pas :

  • Abandonner ses ambitions : Vous pouvez tout à fait viser une promotion tout en étant profondément reconnaissant pour le travail que vous avez actuellement. La différence est cruciale : vous poursuivez un but non pas depuis un lieu de manque et d’insatisfaction, mais depuis un lieu de plénitude et de sécurité. L’échec devient moins terrifiant et le processus plus agréable.
  • Se résigner à une situation toxique : Si votre situation actuelle est nuisible (relation abusive, travail destructeur), l’appréciation consiste à reconnaître votre force intérieure, votre résilience et les ressources (un ami, un abri) qui vous permettront de changer cette situation.

Le bonheur n’est pas une destination à atteindre après une longue course. C’est la façon dont vous décidez de marcher, ici et maintenant. C’est réaliser que vous êtes déjà dans le jardin, et qu’il suffit d’arrêter de regarder par-dessus la clôture pour commencer à remarquer la beauté des fleurs qui poussent à vos pieds.

Alors, ce soir, au lieu de vous demander ce qui vous manque pour être heureux, posez-vous une autre question :

Quel est ce « déjà là » que je pourrais choisir d’apprécier, dès maintenant ?

La réponse pourrait bien changer votre vie. Pas demain. Maintenant.

Christine Becker Hémassens Relaxologie

Vos commentaires

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.