Dans notre société hyper-connectée, le silence fait peur.
On nous a appris à redouter les moments creux.
Un samedi soir sans plans est suspect.
Un téléphone qui ne vibre pas devient anxiogène.
On nous a conditionnés à croire que la solitude est synonyme d’échec, d’abandon ou de manque d’amour.
Nous passons notre temps à combler le vide, à saturer nos sens de bruits, de notifications et de présences, de peur d’avoir à affronter notre propre écho.
Et si nous avions tout faux ?
Et si la solitude, loin d’être une punition, était en réalité le médicament le plus puissant dont notre âme ait besoin ?
La différence entre l’isolement et la solitude

Il y a une nuance capitale qu’il faut rétablir. L’isolement est une souffrance ; c’est le sentiment d’être exclu, oublié, coupé du monde contre son gré. C’est une douleur froide.
Mais la Solitude — la vraie, celle que l’on choisit — est une chaleur.
Ce n’est pas l’absence des autres, c’est la présence retrouvée de soi-même. C’est un rendez-vous que l’on se donne enfin, après s’être trop longtemps négligé au profit du bruit ambiant.
Une pause entre deux tempêtes

La vie moderne est une succession de tempêtes. Nous courons après le temps, nous absorbons les émotions des autres, nous nous battons contre des vents contraires.
À la longue, nos « parois » s’amincissent. Nous devenons poreux, irritables, épuisés.
C’est là que la solitude intervient. Elle est cette crique calme où le navire vient jeter l’ancre pour réparer sa coque.
Ce besoin de silence n’est pas un rejet du monde. C’est une nécessité vitale de « fermer les volets » pour laisser l’orage passer au dehors.
C’est dans cet espace feutré que le système nerveux se régule, que le rythme cardiaque ralentit et que l’on peut enfin déposer les armes.
Le seul moyen de guérir doucement

On ne guérit pas dans le tumulte. On ne cicatrise pas en courant.
La guérison demande de l’énergie, et cette énergie, nous la gaspillons souvent à essayer de « paraître » en société. Lorsque vous êtes seul, vous n’avez plus besoin de jouer un rôle. Le masque social tombe. Vous n’avez plus à sourire si vous n’en avez pas envie. Vous n’avez plus à justifier votre fatigue.
Dans ce silence bienfaisant, vous pouvez enfin écouter ce que votre corps et votre cœur essaient de vous hurler depuis des mois. C’est un retour vers soi, une conversation intime où l’on apprend à devenir son propre meilleur ami.
Oser le rendez-vous avec soi-même

Alors, la prochaine fois que vous ressentirez l’envie de décliner une invitation, de couper votre téléphone ou de partir marcher seul en forêt, ne culpabilisez pas. Ne laissez personne vous dire que vous vous « renfermez ».
Dites-vous simplement que vous rentrez à la maison, à l’intérieur de vous-même.
La solitude n’est pas un manque. C’est un espace sacré de reconstruction. C’est le terreau fertile où, à l’abri des regards, vous êtes en train de refleurir doucement.
Christine Becker – Hypnothérapeute – Hémassens Relaxologie
Et vous, savez-vous apprécier ces moments de silence, ou vous font-ils encore peur ? Partagez votre ressenti en commentaire.
