Demander de l’aide est avant tout un acte de vulnérabilité.
Et la vulnérabilité est une expérience que beaucoup d’entre nous redoutent.

Décortiquons cela :
1. La peur d’être perçu comme « faible » ou « incompétent ».
- Le mythe de l’autosuffisance : Dans de nombreuses cultures, notamment occidentales, l’indépendance, la force et l’autonomie sont des valeurs cardinales. Demander de l’aide peut être interprété, par soi-même ou par les autres, comme un aveu d’échec, une incapacité à « gérer » sa propre vie. On craint le jugement : « Il/elle n’y arrive pas seul(e) ».
- L’impact sur l’estime de soi : Notre identité est souvent liée à nos compétences. Admettre qu’on a besoin d’aide peut temporairement ébranler notre estime de nous-mêmes, nous faisant nous sentir diminués.
2. La peur d’être un fardeau.
- C’est l’une des raisons les plus fréquentes. Nous sommes conscients que le temps, l’énergie et les ressources des autres sont limités. La pensée « Je ne veux pas déranger », « Les autres ont leurs propres problèmes » est un frein puissant.
- Cette peur est souvent liée à une faible estime de soi : on ne se sent pas « assez important » pour mériter le temps ou l’aide de quelqu’un d’autre.
3. La perte de contrôle.
- Quand nous gérons une situation seuls, nous en avons le contrôle total. Demander de l’aide, c’est céder une partie de ce contrôle. Nous devons nous fier à la manière, au calendrier et à la bonne volonté de l’autre. Ce lâcher-prise peut être très anxiogène.
4. La peur du rejet ou de l’endettement.
- La peur du « non » : Une demande d’aide peut être refusée. Ce rejet, même s’il est justifié par des raisons pratiques, peut être vécu comme un rejet personnel, ce qui est douloureux.
- Le principe de réciprocité : Inconsciemment, nous savons que l’aide crée une « dette » sociale. Nous pouvons craindre de ne pas pouvoir « rendre la pareille » plus tard, ce qui nous met dans une position inconfortable d’obligation.
5. Les expériences passées et l’éducation.
- Si, dans l’enfance, nos demandes d’aide ont été ignorées, moquées ou si elles ont été suivies de reproches (« Débrouille-toi ! », « Tu vois bien que je suis occupé(e) ! »), nous avons appris que demander de l’aide est inefficace, voire dangereux.
- À l’inverse, si on nous a élevés en nous répétant qu’il faut « être fort » et ne jamais montrer ses faiblesses, nous avons intégré cette règle comme une condition de notre valeur.
Et pourquoi donner de l’aide est-il plus facile ?
Offrir son aide active des mécanismes psychologiques très gratifiants, ce qui en fait une expérience bien plus confortable.
1. La position de « force » et de compétence.
- Quand on offre son aide, on est celui qui « sait », qui « peut », qui « a la ressource ». Cette position est valorisante pour l’ego et renforce notre sentiment de compétence et d’utilité. On n’est pas vulnérable, on est le « sauveur » ou le « soutien ».
2. Le sentiment d’utilité et de connexion sociale.
- Aider les autres donne un sens à nos actions et renforce nos liens sociaux. L’être humain est un animal social, et l’entraide est au cœur de la survie et de la cohésion du groupe. Aider active les circuits de la récompense dans notre cerveau (libération de dopamine, ocytocine), nous procurant une sensation de bien-être. C’est l’un des piliers du bonheur.
3. Le contrôle de la situation.
- Celui qui donne l’aide a le contrôle. Il décide s’il aide, comment il aide et jusqu’à quand. Il n’y a pas l’incertitude et la vulnérabilité de celui qui demande.
4. L’empathie et le soulagement de sa propre détresse.
- Voir quelqu’un en difficulté peut nous causer un inconfort (empathie). En aidant cette personne, nous soulageons sa détresse, mais aussi la nôtre. C’est un moyen de rétablir un équilibre émotionnel.
Conclusion
Le paradoxe est donc simple :
- Demander de l’aide nous place dans une position de vulnérabilité perçue.
- Donner de l’aide nous place dans une position de force valorisante.
Il est essentiel de travailler à déconstruire cette vision.
Savoir demander de l’aide n’est pas un signe de faiblesse, mais au contraire un signe de force, de conscience de soi et de confiance en l’autre.
C’est reconnaître ses propres limites et comprendre que la collaboration et l’entraide sont des outils puissants pour surmonter les obstacles.
Enfin, en refusant de demander de l’aide, on prive aussi les autres du plaisir et de la satisfaction qu’ils pourraient ressentir en nous aidant.
Permettre à quelqu’un de nous aider, c’est aussi lui faire un cadeau.
J’espère que cette perspective vous éclaire sur cette dynamique humaine si complexe et si universelle.
Grâce au coaching et à l’hypnose, chez Hémassens, nous pouvons parvenir à rééquilibrer cet état que l’on retrouve chez de nombreuses personnes.
Christine Becker – Accompagnatrice au changement
