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Comment faire son bilan de couple ?

Votre couple rencontre des difficultés en ce moment ?

Ou peut-être, ressentez-vous simplement le besoin de faire le point ? 

C’est le moment du bilan ! 

Dans cet article, je vous propose de découvrir, point par point, toutes les questions essentielles, inspirées du passionnant livre « On arrête ? On continue ? » de Robert Neuburger.

Qu’est-ce qu’un bilan de couple ?

C’est un inventaire très précis, qui met en évidence ce qui va et ne va pas dans votre relation de couple, à un moment donné, pour révéler les éventuels points problématiques à régler. 

Ce bilan s’effectue à deux, chacun devant accepter de se questionner lui-même et d’interroger l’autre autour de divers sujets que nous allons ensuite exposer.

Pourquoi faire un un bilan de couple ?

Faire un tel bilan peut sembler artificiel, superflu, voire grotesque pour certains.

Mais il faut être conscient que ne pas en faire peut être dangereux pour votre relation. 

Chaque couple rencontre, à un moment donné, inévitablement, des problèmes, face auxquels beaucoup préfèrent adopter la politique de l’autruche plutôt que de les affronter. 

Cela peut être une attitude destructrice car ces contrariétés finiront, fatalement, par être révélées. 

Or, quand on attend trop longtemps, elles sortent de la mauvaise façon et peuvent avoir des conséquences graves, comme aller jusqu’à une séparation.

Quand faire un bilan de couple ?

Il n’y a pas vraiment de règle, je vous conseillerais de faire un bilan environ tous les 3 ans, car « ce rythme semble correspondre aux changements de phase de vie de chacun ».

Comment faire un bilan de couple sérieusement ?

Quand vous ferez votre bilan, vous vous interrogerez mutuellement autour des grandes thématiques de votre couple. 

Il n’y aura pas de bonne ou mauvaise réponse. 

L’important est de réaliser, par ce biais, si vos attentes et vos plaisirs sont partagés par vous deux. 

Un bon moyen d’entamer un dialogue très intéressant et constructif pour, ensuite, trouver des pistes ensemble.

1) Vous aimez-vous toujours ?

 Être en couple, c’est renoncer à une part de sa liberté…en échange d’autre chose.

Etre en couple implique un renoncement fort, « celui d’une partie importante de sa liberté », selon Robert Neuburger. 

Et qui dit investissement fort implique, nécessairement, des attentes fortes, au moins à la hauteur de celui-ci. 

Voilà pourquoi il est important de se demander si l’on reçoit, en échange, quelque chose qui nous comble assez pour compenser ce sacrifice : l’amour de l’autre.

Les bonnes questions à (vous) poser :

  • Mon partenaire compte-t-il toujours autant pour moi ? 
  • Compte-t-il, au moins, suffisamment, pour que je renonce à une part de ma liberté ?
  • Quelle place mon partenaire occupe-t-il dans mon cœur, comparé à mes parents, mon ex, mes enfants… ?

2) Aimez-vous l’amour ou votre partenaire ?

Petite explication : on peut aimer le concept du couple, plus que son partenaire

Aimer votre partenaire et aimer le concept du couple sont deux choses totalement différentes. 

En théorie, le fait que vous aimiez votre conjoint justifie que vous poursuiviez votre relation (et, donc, que vous renonciez à une part de votre liberté). 

A l’inverse, en aucun cas, le fait « d’aimer être deux », ne justifiera de rester avec votre partenaire, malgré les éventuels coups durs. 

Mais ce cercle vertueux est loin d’être automatique. 

Certains sont ensemble juste pour la sécurité que cela procure (l’auteur parle de « maison couple, qui contient et qui protège »), tout en n’aimant plus vraiment l’autre. 

Au contraire, il peut arriver que d’autres personnes soient ensemble parce qu’elles s’aiment, sans avoir aucun projet en commun. 

Si ces situations atypiques sont choisies par les deux partenaires et qu’elles leur conviennent, nul besoin de s’attarder sur la question. 

Mais elles peuvent aussi révéler des manques et des craintes plus personnels sur lesquels il faudra s’attarder.

Les bonnes questions à (se) poser :

  • Si nous n’étions plus ensemble, est-ce mon partenaire qui me manquerait le plus ou le fait d’être en couple ?
  • Si j’étais toujours en couple, mais avec un autre partenaire, est-ce que cela me conviendrait ?

Pourquoi restez-vous ensemble ?

A savoir : le couple est, aussi, garant de la reconnaissance sociale, de la sécurité et de la réalisation de projets.

Au-delà de l’amour que vous portiez, ou pas, à votre partenaire, le fait d’être en couple peut parfois être motivé par des raisons plus utilitaires, mais pas forcément moins nobles, sur lesquelles il convient de vous pencher si elles ont, pour vous, un intérêt.

1) La reconnaissance sociale

Quand vous êtes en couple, vous obtenez, d’une certaine manière, une nouvelle identité. 

Famille et amis doivent prendre en compte l’existence de votre partenaire, vous faites la connaissance d’autres cercles amicaux ou professionnels…en d’autres termes, vous « augmentez votre surface sociale ».

2) La sécurité

La maison couple peut vous apporter aussi un « soutien affectif, moral et financier », un confort sexuel et, plus généralement, une sécurité contre…la solitude.

3) La réalisation de projets 

Cette sensation de sécurité vous permet également, d’envisager des projets à moyen voire long terme, chacun étant libre de les déterminer en dehors des normes imposées par la société. 

Vous pourrez fonder une famille, décorer votre intérieur, mais aussi organiser des vacances au soleil, ou tester tous les restaurants de votre ville !

Les bonnes questions à (se) poser (si ces notions ont, dans votre couple, un intérêt) :

  • Est-ce que notre couple nous apporte des avantages sociaux (élargir nos connaissances), professionnels ou financiers ?
  • Sommes-nous solidaires ? Pouvons-nous compter l’un sur l’autre en cas de problèmes ?
  • Nous apportons nous mutuellement un sentiment de sécurité ?
  • Ai-je abandonné des projets personnels pour mon couple ?
  • Ai-je l’impression de réaliser des choses dans mon couple ?
  • Est-ce que je me sens parfois laissé(e) de côté dans les projets de mon partenaire (il ne part en vacances qu’avec ses amis, nous ne faisons que ce qui lui plaît…) ?

Vous investissez-vous assez ?

Petite explication : ne pas être disponible pour son couple est aussi dangereux que l’être trop.

« La question du temps et des disponibilités apparaît souvent dans les thérapies de couple comme un thème récurrent ».

Et, si vous pensez instinctivement à un manque d’implication de votre part ou de celle de votre partenaire (dans son travail, son rôle de parent, d’ami…), un surinvestissement du couple peut tout aussi bien être dévastateur. 

Car, tout donner à sa relation amoureuse, ne laissera que peu de place à l’espace intime de chacun.

Les bonnes questions à (se) poser :

  • Est-ce que je consacre assez de temps à mon couple ? Trop, pas assez ?
  • Ai-je besoin de plus de temps pour moi ?

Les bons comptes font les bons partenaires.

Si beaucoup de couples ont un compte commun et un compte personnel, lorsque tous les revenus du foyer sont gagnés par une seule personne, ou qu’il y a une différence notoire entre les salaires des partenaires, l’argent peut poser de sérieux problèmes.

Idem lorsque l’un des deux dépense les revenus du couple sans compter, alors que l’autre lui avait accordé sa confiance.

Les bonnes questions à (se) poser :

  • Les questions d’argent posent-elles problème dans mon couple ?
  • Est-ce que j’aimerais être moins impliqué(e)/plus impliqué(e) dans l’apport et la gestion de l’argent ?

Le partage des tâches doit être équitable, pas forcément égalitaire.

Il existe une multitude de façons de se partager les tâches ménagères. Mais le seul critère en ce domaine est la satisfaction des deux partenaires. 

Nul besoin de convenir d’un 50/50 arbitraire, si l’un des partenaires préfère faire la vaisselle plutôt que le ménage, et l’autre la cuisine.

Certaines tâches, comme faire de bons petits plats, « font partie de l’intime du couple et symbolisent un type de rapport affectueux ».

Les bonnes questions à (se) poser :

  • La répartition des tâches me convient-elle ? 
  • Si non, comment voudrais-je qu’elles soient réparties ?

Votre couple est-il « normal » ?

Un couple doit respecter les normes qu’il s’est fixé.

Autre question à se poser lors d’un bilan conjugal : sommes-nous « normaux » ?

Par « normal », on n’entend pas ici amener le couple à se questionner autour des normes sociales, mais bien par rapport aux valeurs et aux objectifs qu’il s’est lui-même fixé. 

Certains veulent se marier rapidement, alors que d’autres n’habiteront pas ensemble, par peur de la lassitude.

Quelles que soient ces valeurs (humour, complicité, sensualité, sens de la famille…), les deux partenaires doivent être en accord avec celles-ci et se demander si, avec le temps, ces normes qu’ils se sont fixés sont toujours respectées.

Les bonnes questions à (se) poser :

  • Ai-je les mêmes valeurs que mon partenaire ? 
  • Quelles valeurs, plus importantes aux yeux de mon partenaire, me feraient renoncer à mon couple ?
  • Etes-vous satisfaits de vos relations sexuelles ?

Être en couple ne donne pas de droit de cuissage.

Ce n’est pas parce qu’on est amoureux que l’on est obligé de donner à l’autre ce qu’il exige sexuellement, un principe qui vaut, évidemment, pour les deux sexes.

Le droit de faire l’amour est une conquête de tous les jours, qui n’est en aucun cas acquis par le simple concubinage. 

Les relations sexuelles, lorsqu’elles sont prévues à jours, voire à heures fixes (telle une « mécanisation de l’acte ») peuvent créer lassitude et ennui. 

Voilà pourquoi il est important de séduire son partenaire, en lui laissant son libre-arbitre, sans exiger quoi que ce soit de lui, notamment au niveau de la fréquence des rapports.

Les organes sexuels de chacun n’appartiennent pas qu’au couple.

Chez les couples qui se promettent fidélité, les organes sexuels de chacun appartiennent…au couple.

Cela signifie « qu’aucun des deux partenaires ne peut les utiliser sans l’aval de l’autre », puisque l’adultère n’est pas autorisé.

Une règle logique, à laquelle certains ne savent cependant pas mettre de limite. 

Dans une autre mesure, le fait que le partenaire se masturbe (donc use de ses organes génitaux par lui-même) peut être très mal vécu par le conjoint, par exemple.

A l’inverse, parce que les organes génitaux sont, en partie, le « territoire commun » du couple, il arrive qu’un homme ou une femme considère que toutes les parties anatomiques du partenaire lui appartiennent (notamment la bouche et l’anus), au point d’exiger sodomie, fellation et cunnilingus, sans possibilité de refus.

Les bonnes questions à (se) poser :

  • Les décisions concernant nos relations sexuelles sont-elles prises à deux ou est-ce que l’un de nous impose ses choix à l’autre ?
  • Sommes-nous satisfaits de nos relations sexuelles ?
  • Est-ce que nous savons faire comprendre (geste, parole) à l’autre nos désaccords ou nos envies ?
  • Mon partenaire tient-il compte de mes remarques ?
  • Avons-nous encore envie l’un de l’autre ?
  • Est ce que j’offre des parties de mon corps à mon partenaire non parce que j’aime ça, mais parce que je considère que c’est normal dans un couple ?

Partagez-vous une intimité ?

Un couple sans intimité psychique n’est plus un couple.

« L’intimité, c’est le contenu même de ce qui constitue un couple », avant de la définir, en plus des rapports sexuels, comme « un partage d’espace, de temps, de pensées, d’affections, de tâches, qui forment un nouveau territoire n’appartenant plus en propre à chacun. » 

L’intimité psychique, c’est entre autres :

1)Témoigner de l’intérêt 

Ecouter l’autre, le soutenir, essayer de le comprendre, de le deviner, s’intéresser à ses ressentis, ses besoins, ses problèmes… 

Savoir ce qui le rend heureux ou malheureux.

2) Témoigner de l’affection 

C’est-à-dire donner des témoignages et de l’intérêt que l’on porte à l’autre. Cela peut passer par des petites attentions, matérielles (cadeaux, invitations au restaurant…) ou non (regards tendres, câlins, se tenir par la main…)

3) Partager des idées 

Avoir la capacité de discuter autour de ses convictions religieuses, politiques, artistiques, professionnelles…

4) Rêver ensemble 

Avoir la capacité à faire des projets irréels, à imaginer des choses même si elles ne sont pas réalisables, et d’en faire part à son partenaire.

Les bonnes questions à (se) poser :

  • Partageons-nous encore une intimité psychique ? Physique ?
  • Est-ce que mon partenaire s’éloigne de moi ? Et moi de lui ?
  • Ai-je besoin de plus de preuves d’amour ? 
  • Est-ce que nous nous en donnons mutuellement ?

L’intimité de couple va de pair avec l’intimité personnelle

L’intimité du couple implique un renoncement à une part de son intimité personnelle. 

Pour que la relation soit saine, chaque partenaire doit donc avoir le sentiment que l’autre se livre et fait autant de sacrifices que lui. 

Pour autant, le respect du jardin secret du conjoint est aussi essentiel. 

Il s’agit donc de trouver un équilibre entre sa vie de couple et sa vie personnelle, sans que l’un ou l’autre des partenaires ne se sente lésé ou, au contraire, trop sollicité.

Les bonnes questions à (se) poser :

  • Est-ce que je donne plus ou moins que mon partenaire ? 
  • Est-ce que j’ose me livrer sans craindre d’en souffrir plus tard ?
  • Mon intimité personnelle est-elle assez protégée ? 
  • Sommes-nous trop fusionnels au point de chacun nous oublier ?

Les rituels sont essentiels.

Chaque couple possède ses petites choses à soi. 

Morceaux de musique, mots doux, sorties en amoureux, lieux particulier, textos ou mails pour se contacter dans la journée… 

Ces rituels sont capitaux. « Ils marquent le territoire de votre couple et créent une complicité », explique l’auteur.

Les bonnes questions à (se) poser :

  • Ces rituels sont-ils toujours respectés ou ont-ils été oubliés ?
  • Quels rapports avez-vous avec l’extérieur ?

Mieux vaut n’être ni un couple trop replié, ni un couple trop ouvert.

« Le couple est comme une cellule vivante : il a besoin d’être contenu pour exister, mais il a aussi besoin d’échanges avec le monde extérieur pour se nourrir », explique Robert Neuburger dans son livre. 

Un équilibre subtil dans les relations avec l’extérieur est donc de mise, afin d’éviter deux problèmes :

1) Le couple trop replié

Si le couple est trop replié sur lui-même, sans jamais s’enrichir d’autrui, il risque de dépérir.

2) Le couple trop ouvert

Au contraire, si le couple se laisse trop envahir par le monde extérieur (une famille ou des amis intrusifs, des enfants qui prennent trop le pas sur le couple, un travail ou une passion chronophage), il sera difficile de conserver une réelle intimité.

Les bonnes questions à (se) poser :

  • Mon couple a-t-il suffisamment de liens avec l’extérieur ? 
  • Est-ce que j’accepte les relations de mon partenaire dans lesquelles mon couple n’est pas inclus ?
  • Mon couple protège-t-il assez son intimité ?

Bilan de couple et après ?

Faire un bilan de couple permet de prendre conscience des problèmes enfouis en chacun des partenaires et de se poser à temps les bonnes questions pour éviter la séparation.

Pour autant, il n’existe pas de solution prête à l’emploi. 

Il faut développer par soi-même des « mécanismes de créativité et susciter l’invention de solutions propres à chaque couple », explique Robert Neuburger. 

En d’autres termes, être auto-curatif.

Il faut déterminer si son couple peut ou non évoluer.

Il n’est pas question de se voiler la face. 

Pour espérer un changement, il faut que les deux partenaires soient prêts…à changer. 

Faire des efforts au quotidien, multiplier les petites attentions, ne plus habiter ensemble, accepter une relation asexuée, se lancer dans une passion commune, faire un voyage au bout du monde, consulter un thérapeute…à chacun de trouver sa solution ! 

Pour autant, il faut avant tout déterminer si le couple a encore en lui la capacité d’évoluer.

Les bonnes questions à (se) poser :

  • Quelles solutions mon couple a-t-il trouvées face aux problèmes externes et internes ces dernières années ?
  • Mon partenaire a-t-il déjà changé de comportement pour que les choses s’arrangent ? Et moi ?
  • Mon couple a-t-il encore la force d’un changement fondamental ?
  • Jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour cela ?

Vouloir sauver son couple a une limite, sa propre dignité.

Si vous croyez envers et contre tout en votre couple alors que tout va mal, il faut tout de même vous poser une limite : votre propre dignité. 

Car « maintenir un couple à n’importe quel prix peut se traduire par des conduites humiliantes dont les conséquences psychiques peuvent être considérables ». 

Questions à se poser :

  • Le coût du maintien de votre couple est-il équivalent à ses bénéfices ?

Ce sera à vous, et seulement à vous, d’en juger.

J’espère que cet article aura pu vous aider un peu à y voir plus clair !

Si vous avez des questions, n’hésitez pas à me laisser vos messages, j’y répondrai avec plaisir !

Christine B.

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